Article complet: Dans le désert

Introduction
Trois façons d’y entrer :
• Par une faute : Jacob suite à sa trahison pour fuir son frère Esaü (Genèse 27), Elie après avoir tué les prophètes de Baal (1 Rois 19).
• Conduit par l’esprit : Jésus (Luc 4.1), Paul et Jean-Baptiste.
• Poussé par les « autres » : David fuyant Saül (1 Samuel 23.14), Joseph dans la citerne, la caravane puis en Egypte, Joseph et Marie fuyant l’édit de mise à mort des garçons de moins de deux ans.
Différentes façons d’y entrer, la même finalité : l’apprentissage, l’enseignement de vérités, temps de remise en question. Il est important de bien discerner au préalable pour laquelle de ces raisons nous y sommes entré, cela sera nécessaire pour en sortir. En toute honnêteté, en nous plaçant devant Dieu, sachons donc nous laisser révéler les « pourquoi » de notre situation.
Mais, pour nous, voyons comment Dieu veut encourager tous ceux qui passent par un temps de désert spirituel dans leur marche avec Dieu et comment y avoir les bonnes réactions.
Le désert en question
Un désert est par définition :
• Aride, rien ne pousse, aucun fruit ne peut être produit, tous les efforts que l’ont peut faire sont brulés par le soleil.
• La respiration est difficile, le sable, la poussière on étouffe.
• Notre chemin se perd bien souvent, il est facile de s’y perdre et de tourner en rond sans s’en rendre compte, nos traces balayées par le vent, les dunes déplacés pendant notre sommeil...
• On y est profondément seul, il paraît même que l’on peut devenir fou tellement le silence est profond, la nuit on entend son cœur battre !…
• On manque d’eau de nourriture, pas de végétal ou d’animal pour nourriture à l’horizon.
• Les mirages sont aussi dangereux etc.…
Une fois dans le désert comment y survivre ?
Psaumes 23.4 « Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, Pourquoi ?, car tu es avec moi ». Dieu est présent dans le désert, c’est d’ailleurs lui le seul appui dans ce temps, c’est pourquoi ce temps à priori pénible peut devenir bénéfique, de la stérilité apparente peuvent surgir de bons fruits (cf. Gal 5.22-23).
Un passage nous servira de fil conducteur et de plan de survie dans le désert, spirituel pour nous, réel pour le peuple Hébreu dont il est question dans 1 Corinthiens 10.3-53 […] qu’ils ont tous mangé le même aliment spirituel, 4 et qu’ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ. 5 Mais la plupart d’entre eux ne furent point agréables à Dieu, puisqu’ils périrent dans le désert.
Aliment spirituel
Jésus dans Jean 6.26-51 parlant aux juifs dans la synagogue de Capernaüm, leur annonce : « 26 Jésus leur répondit : En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés. 27 Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera ; car c’est lui que le Père, que Dieu a marqué de son sceau.».
Il dit cela parce que, parmi ceux qui le suivaient, beaucoup le faisaient uniquement parce qu’Il les avait nourris en multipliant pains et poissons peu avant dans le désert... Mais cela fit jaillir une question de la foule qui ne comprenait pas pleinement la portée prophétique de ses paroles : « 28 Ils lui dirent : Que devons-nous faire, pour faire les œuvres de Dieu ? 29 Jésus leur répondit : L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. 30 Quel miracle fais-tu donc, lui dirent-ils, afin que nous le voyions, et que nous croyions en toi ? Que fais-tu ? 31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur donna le pain du ciel à manger. 32 Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel ; 33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. 34 Ils lui dirent : Seigneur, donne-nous toujours ce pain. 35 Jésus leur dit : Je suis le pain de vie ».
Il faut s’avoir qu’en hébreu le mot traduit par Manne (mawn), signifie textuellement « qu’est que cela » ou « que c’est que c’est ? ». Comprenez bien que cela signifie que chaque jour les Hébreux dans le désert mangez une question, une énigme, un mystère ! Tous les jours les femmes demandaient à leur mari, tôt le matin, tiens la rosée vient de se lever va nous chercher du « quelque chose » s’il te plait. Cet aliment spirituel dont nous parle Paul dans 1 Corinthiens le voici ici révélé par Jésus, il dit en substance : vos pères ont mangés ce qu’ils ne connaissaient, ni ne comprenaient, mais moi je vous dis que c’était moi, le pain de vie qui descend du ciel, d’auprès de Dieu. Celui qui passe par le désert peut compter sur Dieu pour avoir, malgré la sécheresse environnante, l’absence quasi-totale de plante, à manger chaque jour. Dans votre désert vous avez en plaçant votre foi en Dieu, l’assurance que vous ne manquerez pas de nourriture spirituelle nécessaire à la survie.
Breuvage spirituel
Paul nous apprend aussi que Christ était le rocher qui suivait les hébreux dans le désert (1 Corinthiens 10.4). Ou qu’ils plantent leur tente un rocher était là pour leur procurer de l’eau fraiche ! Deux épisodes seulement nous sont relatés concernant ce rocher spirituel Exode 17.5-7 et Nombres 20.8-12.
Dans le premier passage Dieu donne à Moïse l’ordre de prendre le bâton représentant le jugement (le bâton ayant transformé l’eau en sang, symbole prophétique de l’œuvre de Jésus) de Dieu pour frapper le rocher, symbole du jugement envers notre péché qui est tombé sur Jésus à la croix, et de l’eau jaillit alors du rocher, la source spirituelle est ouverte désormais. Dans le désert ou vous passez peut-être en ce moment Jésus est là, à chaque halte il est là pour vous, il a était frappé afin que vous ayez toujours de l’eau vive.
Dans le deuxième passage Dieu semble avoir une réaction disproportionnée en interdisant l’entrée de Canaan à Moïse et à Aaron, suite à leur intervention, voyons pourquoi : Dieu demande à Moïse de prendre le bâton d’Aaron, celui qui avait refleuri et qui était posé dans le lieu trois fois saint. Dans Nombres 17.16 on apprend que ce bâton était un signe pour les rebelles afin qu’ils ne meurent pas devant Dieu, c’est le bâton de la grâce de Dieu (il avait vécu une renaissance, symbole de la grâce de Dieu, du renouveau). Mais Dieu avait bien spécifié de parler au rocher et rien d’autre ! Mais honnêtement qui d’entre nous n’aurait pas perdu patience après avoir supporté, de la part du peuple, pendant 40 ans les murmures, les remises en causes, le manque de foi etc.… Oui mais à ce moment il était pour le peuple comme Dieu, il avait la responsabilité de véhiculer l’image, le caractère de Dieu, c’est Dieu justement qui lui a dit lors de son appel : Exode 7.1 L’Eternel dit à Moïse : Vois, je te fais Dieu pour Pharaon : et Aaron, ton frère, sera ton prophète. En s’énervant et en frappant le rocher, il laissait croire que Dieu était un Dieu impatient, intolérant, colérique et de plus il ne rentrait pas dans la portée prophétique du geste qu’il faisait en frappant à nouveau le rocher.
Oui Jésus ne doit plus être frappé pour que nous ayons accès à la grâce, comme Dieu voulait le montrer par le choix de cet autre bâton, celui de la grâce. Il attendait de Moïse qu’il entre dans sa présence chercher le symbole de sa grâce. Il voulait rappeler au peuple : vous devez, maintenant que vous êtes arrivés à la fin de votre séjour dans le désert, avoir saisi cette vérité : Je suis là avec vous dans le désert, tournez vous vers moi pour tout ce qui est vital, le pain du ciel et l’eau vive.
Pour nous, nous y voyons cette image forte : Jésus est là avec nous, toujours près de nous quand nous passons par le désert, il est notre rocher, il nous donne de quoi survivre et sortir victorieux du désert.
Ils périrent dans le désert
Parfois malgré que nous avons pensez avoir fait tout ce qui était nécessaire, le bout du désert n’arrive pas, la terre de repos… Alors on peut perdre patience avec les autres et tourner en rond, il est facile de se perdre dans le désert, le peuple à tourner pendant 40 ans dans la péninsule du Sinaï (partie nord-est de l’Egypte actuelle) ! Et pourtant Moïse à chaque fois qu’il voyait l’est arrivé, le Jourdain il devait se réjouir pensant qu’ils étaient au bout, mais non Dieu leur donnait ordre de repartir vers le nord puis l’ouest encore et encore traçant de grands cercles dans le désert…
Dans le désert meurent, sont laissés en arrière tous les rebelles, les incrédules, les discuteurs etc. Tous ceux qui n’ont pas cru à la promesse de la terre du repos (cf. Hébreux 3.7-11), tous ont péris dans le désert et y sont enterrés. A notre image, la sortie du désert ne peut se faire que quand tout ce qui l’empêche est mort. Il faut donc ne plus douter du plan de Dieu, de sa puissance pour l’accomplir pleinement dans nos vies, ne plus discuter contre lui, afin d’être comme Josué et Caleb, passer le Jourdain et enfin sortir de ce désert.
Les compromis et l’alliance dans le désert
Etienne dans le discours qu’il tient devant ses détracteurs, qui se proposaient de le lapider, rappelle les inconstances du peuple Hébreu dans le désert (cf. Actes 7.41-43). Il dit qu’ils ont portés les faux dieux en même temps qu’ils véhiculaient l’arche de l’alliance, la tente de la rencontre ! (Luc 4).
Mais c’est aussi dans le désert que Dieu fait alliance avec son peuple Osée 2.16-25 : A l’époque une confusion se faisait entre maître et baal (même mot) et le culte était mélangé. Mais Dieu veut qu’Israël le voit comme son mari (littéralement : son homme).
C’est aussi après avoir était éprouvé dans le désert que le ministère de Jésus commence, il en sort non plus seulement remplit du Saint-Esprit mais aussi revêtu (Luc 4.1 et 14).
Conclusion
Dans la deuxième épître aux Corinthiens Paul ajoute ceci : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus–Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque affliction ! Car, de même que les souffrances de Christ abondent en nous, de même notre consolation abonde par Christ. » 2Cor 1.3-5
Nous tous qui sommes passés par un temps de désert et peu importe les raisons qui nous y ont poussés, nous pouvons en tirer de bonnes choses pour venir en aide à tous ceux qui y passent présentement.
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